Les grandes manoeuvres commencent
Après l'annonce du pré-programme de A Vaulx Jazz la semaine passée, c'est au tour de Jazz à Vienne de lever le voile sur un élément de la prochaine cuvée du festival: l'affiche
Elle a été officiellement présentée ce 8 décembre par le député-maire
de Vienne, J. Remillier, P. Dussène de Vienne Action Culturelle et
Jean-Paul Boutellier , fondateur et Directeur Artistique du festival.
Sans grande surprise cette affiche est l'oeuvre de Bruno Théry,
puisqu'il en est ainsi depuis 1988. L'artiste nous indique qu'il a
souhaité marquer une rupture par rapport à l'année passée (3 femmes de
dos) en présentant un unique personnage, de face, rayonnant et en
réintégrant un instrument de musique dans l'affiche. On reconnait bien
sa patte. Souhaitons que cette affiche porte bonheur à la 28 ème
édition de Jazz à Vienne. Question programmation, J.P. Boutellier a
préféré rester discret car "rien n'est encore signé"... Rendez-vous en
mars 2008 pour connaître les détails de la programmation. (Note: cette
année le festival s'achève le 11 juillet et non pas le 13 comme les
années précédentes).
A voir cette semaine:
L'Amphi nous propose une résidence de choix (comme d'hab !) avec Benjamin Moussay (piano) et des concerts variés avec des invités nombreux.

Ne loupez pas les "amphis midi" de mercredi et de vendredi à 12h30 où
Benjamin Moussay sera en duo avec le sax explosif de Lionel Martin.
Il se produira ensuite en trio jeudi soir avec Daniel Humair: batterie et Jean-Philippe Viret: contrebasse.
Vendredi soir Benjamin Moussay sera en quintet avec Jean Philippe Viret: contrebasse ; Frédéric Norel: violon ; Thomas de Pourquery: saxophones ; Thomas Savy: clarinette.
Et enfin samedi soir il nous propose un trio "Electro" avec Arnault Cuisinier: contrebasse ; Eric Echampard: batterie et des invités de choix : Olivier Sens: machines ; Christophe Monniot: saxophones.
Mais il y a d'autres choses à voir: mercredi soir à l'Ovale un maître des tablas Amrat Hussain qui échangera avec des jazzmen "classiques" (Gregory Jouandon à la batterie et Yves Perrin à la guitare électrique). Des connaisseurs nous ont conseillé d'y être. Nous y seront. (Alors qu'en même temps à la Clef de Voute on pourra assister à une présentation de Metropolis de Fritz Lang avec en accompagnement sonore des ondes Martenot voir le programme)
Jeudi 13: on pourra voir Philippe Balland en trio à la Clef de voute ; John Boutellier qui a une carte blanche au Hot-Club et L'index au Périscope.
Vendredi 14 la soirée sera TRES chargée: A coté de l'Amphi, évoqué plus haut, l'Auditorium de Lyon propose Anouar Brahem, John Surnam, Dave Holland "Thimar" en partenariat avec Jazz à Vienne. Un peu plus tard au Hot-Club, Jean-Bapstiste Hadrot en trio avec Brice Berrerd: contrebasse et Roland Merlinc: batterie, présentera son premier album. ... et dans le même temps AGAPES présente Albert Von Flash suivi de Frédéric Morel Double trio à la salle Genton. Et ce n'est pas fini ! Le Prisca Caffe, programme Yazid Bahri, là encore un virtuose de la guitare. De son coté le Periscope annonce 2 groupes: Drawbars suivi de Ixis (Où l'on retrouve Guillaume Perret au sax et Alice Perret au clavier). Décidemment on va manquer des trucs !
Samedi soir vous aurez le choix entre l'Amphi, le Périscope, la Clef de
Voute, le Caveau Jacques Higelin à Villefranche ou encore le Hot-club,
easy no ?
°°° Dernière nouvelle °°° Robert Lapassade sera aux platines pour la "Ste Lucie James Brown Party II" avec le concours de tenue à la James Brown et l'élection de la Lucie Miss... ça va funker rue des Remparts d'Ainay.
Pour plus de détails voir l'agenda
Périgrinations jazzistiques
Vu mardi 4 décembre 2007
El Hadj N'Diaye en cloture du festival Guitares 2007...

Pas vraiment du jazz, mais un grand monsieur de la musique actuelle du
Sénégal. Une démarche engagée qui dénonce les maux endémiques de ce
pays et de ce continent.
El Hadj N'Diaye c'est d'abord une voix cristalline, qui chante le plus
souvent en wolof et un peu en français. On ne comprend rien mais
l'émotion est palpable. A l'espace Albert Camus de Bron, El Hadj
N'Diaye s'est présenté en quartet, acompagné au tablas par un musicien
d'orignine indhou: Prabhu Edouard, un jeune sénégalais à la kora: Sambou Kouyaté et un "vieux frère" Moriba Koïta
au n'goni. Ce dernier est également un grand Monsieur de la musique de
l'Afrique de l'ouest, vu qu'il tourne souvent en petite formation avec
Cheick Tidiane Seck que nous avions apprécié à Vienne cet été en
première partie de DeeDee Bridgewater.
Tous les thèmes furent abordés: Sida, pauvreté, politiciens véreux mais aussi amour et fraternité.
Ce quartet nous a offert un concert très plaisant en nous faisant sortir de nos habitudes.
Un petit tour au Hot-Club pour voir la jam-session de l'ENM et du CNR

Un bon tremplin pour les jeunes des classes des conservatoires.
Vu mercredi 5 décembre 2007
Bireli Lagrène et Hono Winterstein à la MJC Beaulieu à St-Etienne
La très alléchante affiche annonçait le duo Bireli Lagrène - Sylvain Luc...
Mais ce dernier connaissant quelques soudains ennuis de santé, le
producteur de la tournée a été contraint d’annuler plusieurs dates.
"Même le concert à Monaco !" précise avec une certaine malice Michel
Mazziotta, le directeur du Nouveau Théâtre de Beaulieu. "Pourtant,
rajoute-t-il, impossible d’annuler un tel événement à St Etienne, pour
lequel depuis plus d’une semaine le standard répond non-stop "désolé,
le spectacle est complet "…

Belle surprise et grand honneur à la fois, ce ne fut autre que Hono Winterstein
himself, complice de Bireli Lagrène depuis 2001 (notamment au sein du
Gipsy Project), qui entra en scène, empoignant de ses grosses mains sa
guitare rythmique. Ce musicien plutôt réservé, pourtant imposant comme
une demi-montagne, apportera tout au long de la soirée un soutien
inébranlable à son compagnon de jeu, dans une complicité discrète,
faite de regards et de petits sourires furtivement échangés.
Que
dire alors de Biréli Lagrène qui n’aurait pas été déjà dit ? Il n’est
pas aisé de décrire ce que voient nos yeux ou entendent nos oreilles,
lorsque Monsieur Django d’Or 2007 (catégorie Musiques sans Frontières )
se produit en public, tant sa technique est époustouflante.
Pourtant l’explication est d’une simplicité déconcertante : Biréli a
dix doigts ! Certes, vous me direz que c’est le cas d’à peu près tout
le monde sur notre petite planète. Oui, bien sûr, mais à y regarder de
plus près, cet extra-terrestre a bien dix doigts, mais à chaque main
!!! Pendant que la gauche parcourt le manche à une vitesse que même un
radar sarkozien ne saurait mesurer, la main droite livre à elle seule
un spectacle littéralement ahurissant, chaque doigt ayant son propre
rôle : il y a ceux qui pincent les cordes, ceux qui les frottent, ceux
qui les étouffent délicatement pour leur donner un timbre particulier,
ceux qui maintiennent le médiator en retrait jusqu’à sa prochaine
entrée en action, et le pouce qui se prend à slapper tel un Marcus
Miller énervé ! Une technique impressionnante, certes, mais toujours au
service de la mélodie et du rythme, donc de la musicalité. Winterstein
lui-même, parfois, semble un peu spectateur d’un Bireli Lagrène qui
ferme les yeux pour mieux s’envoler. Lagrène, c’est de la haute voltige
sur 6 cordes. Le musicien s’accorde longuement entre deux morceaux car
la guitare est sévèrement mise à l’épreuve, les cordes souffrent. Mais
il sait aussi laisser place à de purs moments de poésie, seul sur
scène, lorsque son comparse s’éclipse un moment en coulisses. Le
programme offert ce soir-là à St Etienne débordait largement du
répertoire gipsy. On sait que Biréli Lagrène a toujours aimé emprunter
quelques thèmes à Stevie Wonder, aux Beatles, à Henri Salvador comme à
Brassens. Les citations, aussi, sont nombreuses, souvent disséminées au
cours d’un solo magistral. Biréli joue de ces petits clins d’œil
musicaux, y adjoint quelques mimiques, révélant un côté farceur, ou
simplement humain.
Le public, 200 privilégiés absolument conquis, prenant largement son
temps pour quitter les lieux, regrettant que le bar adjacent reste
fermé, aurait bien prolongé la soirée encore un peu.
A noter que la soirée avait commencé avec, en première partie, une
formation manouche locale plutôt prometteuse. Comme son nom ne
l’indique pas tout à fait, Rue des deux amis
est un quatuor ! Aux deux guitaristes stéphanois Bruno et David, noyau
dur du groupe, se sont récemment joints Laëtitia, une élégante
clarinettiste, et Julien, dont le solo à la contrebasse fut très
applaudi. Mais cette mise en bouche aura finalement été tout de même un
peu courte, puisque respectant sans doute poliment le temps qui leur
avait été accordé, les musiciens se sont rapidement retirés. Bref
apéritif musical, donc, avant le festin Lagrène.
Niko Rodamel
Vu le vendredi 7 décembre
Premier concert au Periscope
La nouvelle salle inaugurée la veille, accueillait pour son premier
concert le groupe UMLAUT (Fred Poncet: guitare ; Fred Escoffier:
claviers ; Emmanuel Scarpa: batterie, composition). Du jazz de
composition , genre jazz progressif.

C'était un peu la fête. Les personnes présentes étaient visiblement
ravies de découvrir ce nouveau lieu, pratique d'accès, doté d'une
"vraie grande scène". La programmation du Periscope commence à être
conséquente (voir le site).
A la Clef de Voute, Stéphane Vincenza, avait abandonné son piano pour son orgue hammond et accompagné de Remy Varaine (à la guitare) et de Philippe Maniez (à la batterie)

pour nous offrir une série de reprises en hommage à cet instrument mythique.
Vu le samedi 8 décembre
Premier concert de la saison à Vienne
Pour accompagner la présentation de l'affiche 2008,Jazz à Vienne avait invité le quintet de Rosario Giuliani

Comme l'annonçait J.P. Boutellier, c'est du jazz à la sauce italienne.
On est loin d'E.S.T. vraiment très à l'ouest... Ces types ils ont de la
lave dans le sang et ça chauffe un max. Un quintet soudé avec des
solistes de haut niveau. Il suffit de voir Rosario Giuliani
se battre avec son sax, faire corps avec lui, le presser sur sa
poitrine, le tenir à distance, partir dans des riffs incroyables et
s'accorder avec le remarquable Flavio Boltro et sa
trompette toute soyeuse. Ce jazz est riche de soleil et d'envie et le
public a bronzé un bon coup dans ce petit théâtre de Vienne. On
n'oublie pas le grand (par la taille et le talent) Dado Moroni
qui complétait les deux souffleurs. Un concert de belle qualité qui
augure bien de ce qui nous attend cet été à Vienne. Nous vous
conseillons si vous ne l'avez pas déjà le dernier album de Rosario
Giuliani: "Anything else" ... du bonheur !
Ensuite nous avons même eu le droit à un "after" au foyer avec un groupe de jeunes musiciens que l'on voit assez souvent dans la région:

(John Boutellier: sax; Pierre Pottin: sax; Romain Sarron: Batterie ; Brice Berrerd: contrebasse ; ? : Fender Rhodes)
La section "agenda" de Jazz-Letter.com reprend d'une manière exhaustive toutes les dates qui nos ont été communiquées voir ici
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